9ème marché de la Paulée des vins de Loire
Il ne faisait pas bien chaud en dimanche matin: 5°C à mon départ pour Chartres et un petit 9°C avant que la fanfare n’ouvre le bal de la 9ème Paulée de Chartres devant des vignerons pas encore installés et des chalands attendant un rayon de soleil pour sortir.
Il faisait suffisamment froid pour laisser les blancs à température ambiante mais les vins rouges avaient le nez un peu figé.
Cette année, j’ai ainsi pris plus de plaisir à déguster les blancs. Je ne me souviens pas d’avoir pu percevoir dans des dégustations précédentes autant de différences entre les melons de Bourgogne, avec un intérêt plus que polis pour ces vins.
Sur ces blancs que j’ai appréciés, une très nette différence entre les profils des 2010 et 2011, et pas seulement à cause de la jeunesse des 2011.
Il faisait trop froid pour écrire tout ce que je pensais de chaque vin dégusté ou pour sortit le carnet sur chaque stand.
Les vignerons rencontrés dans l’ordre de cette matinée sous la halle du marché aux légumes de Chartres.
Muscadet – Domaine Jo Landron
Joseph Landron était le plus vaillant ce matin-là à faire déguster ses Melons après la fanfare.
Muscadet, Amphibolite 2011
Nez ouvert, plutôt floral. Bouche sur amertume, avec une légère verdeur. Le muscadet dans sa version simple mais pas fluette. Pour les amateurs d’huitres (dont je ne suis malheureusement pas).
Muscadet Sèvres et Maine sur Lie, Hermine d’Or 2010
Millésime très différents, dès le nez. Moins tendu, plus arrondi. Généreux pour un muscadet.
Muscadet Sèvres et Maine sur Lie, Domaine de la Louvetrie, le Fief du Breil 2010
Retour de l’amphibolite dès le nez. Leger perlant. Bouche sur une belle acidité. De la longueur et du corps, bien.
Muscadet – Agnès et Jérémie Huchet, Demeure Les Montys
Vin de France, Chapeau Melon 2010
Un Melon qui ne revendique pas l’appellation Muscadet pour cette entrée de gamme destinée à un verre entre copains. Nez discret. Bouche perlante, rafraichissante. Finale douce.
Muscadet Sèvres et Maine sur Lie, Château de la Templière 2010
Terroir de granite. Bouche perlante. Tendu, sans pour autant minéral. Version chaleureuse.
Muscadet Sèvres et Maine sur Lie, Château de la Chauvinière, Granit de Château Thébaud 2006
Elevage de 4 ans sur lie. Nez complexe, sur fumée, citron. Bouche plus complexe aussi. A vraiment profité de son élevage. De la douceur, de la longueur. Fait sortir le Muscadet de son ghetto.
Muscadet – Eric Chevalier, Domaine de l’Aujardière
Muscadet Côtes de Grand Lieu sur Lie, Clos de la Butte 2010
Bouche sur le fruit, séduisant. Belle acidité.
Muscadet Côtes de Grand Lieu sur Lie, La Noë 2009
Bouche typée muscadet sur granit.
Touraine – Coralie et Damien Delecheneau, Domaine de la Grange Tiphaine
Emportés par la recherche d’un chenin sec par Alain, nous sommes pris en main par le grand Damien.
Touraine Amboise, Bel Air 2011
Pas de note prise. Trop froid aux mains.
Muscadet – Pierre Luneau-Papin
Marie Chartier, la commerciale du domaine, est épaulée par Pierre-Marie Luneau. Dégustation en stéréo. Toujours aussi froid aux mains (Marie a mis les moufles en laine), je préfères garder alternativement la main sans verre au chaud dans une poche et me concentre sur les explications des terroirs des cuvées par Pierre-Marie. Moins de scribouillages sur mon carnet mais la mémoire d’un bon moment. Presque l’impression que ces Melons expriment les terroirs comme le ferait un Chardonnay en bourgogne.
Gros Plant du Pays Nantais sur Lie, Folle Blanche 2010
Fruité bien. Du gaz.
Muscadet Sèvres et Maine sur Lie, Domaine Pierre de la Grange, Vieilles Vignes 2010
Bien, de la rondeur.
Muscadet Sèvres et Maine sur Lie, Clos les Pierres Blanches 2010
Joli bonbon en bouche. De la gourmandise.
Muscadet Sèvres et Maine sur Lie, Le L d’Or 2010
Plus de gras. Pour la gastronomie.
Muscadet Sèvres et Maine sur Lie, "Terre de Pierre" de la Butte de la Roche 2009
La butte en question fait ressortir une veine de Serpentine. Bien. Belle complexité. Joli fruit. La bouche reste gourmande. Je suis conquis. Me rappelle l’expression du Gamay sur la Côte de Py de Morgon
Muscadet Sèvres et Maine sur Lie, Excelsior Schistes de Goulaine 2007
Sur les micaschistes, élevée 3 ans sur lie. Rien noté, encore subjugué par Terre de Butte ? Le souvenir d’avoir trouvé un touché différent.
Monlouis – Ludovic Chanson
Première rencontre avec Ludovic Chanson. J’ai encore sur la langue les dégustations du club des chenins des domaines Huet et Jacky Blot. Ludovic est un néo-vigneron et nouvel arrivant dans la région. Démarre d’emblé en viticulture biodynamique. Et avec des prix un peu élevés (mais il produit peu de bouteilles).
Montlouis sur Loire, Cabotine 2010
Belle expression du chenin
Montlouis sur Loire, Les Pêchers 2010
Vin tendre (pas tout à fait sec). Nez pêche (autosuggestion du nom de la cuvée d’un dégustateur en mal de descriptifs !). Légèrement sur la pomme en bouche (ce profil que je n’aime pas trouver sur les jus de raisin fermentés). Sympa quand même.
Montlouis sur Loire, Implicite 2009
Nez pomme. Bouche idem sur la pomme. Légère oxydation avec la pointe d’alcool à brûler que je n’aime pas sur les vins oxydatifs du Jura. Pour les amateurs donc.
Anjou – Joëlle et Claude Papin, Château Pierre-Bise
Entre les dégustations club et les dégustations sur les salons avec un des fils et la belle-fille, cela fait la troisième fois en peu de temps que je croise les vins de ce domaine.
Anjou, Haut de la Garde 2009
Légère douceur.
Savennières – Roche aux Moines 2010
Plus minéral, de la rondeur quand même. Et plus de longueur. Légère impression fumée. Bien. A posteriori, je me rends compte que je décris ce vin de la même façon qu’un mois auparavant. Rassurant et en tout cas ma cuvée préférée.
Savennières – Clos Le Grand Beaupréau 2010
Rien noté. Sans doute encore sur les bonnes impressions du précédent.
Vouvray – Vincent Carême
A nouveau, un mois après, je retrouve Fania Carême pour déguster les vins du domaine. Ils ne m’avaient pas franchement emballés au salon d’OenologoGif.
Vouvray sec 2010
Sur la pomme.
Vouvray tendre 2009
Toujours la pomme. Evidemment un peu plus de rondeur.
Sancerre – François Crochet
Sancerre, rouge 2010
Sur le fruit
Sancerre, Réserve de Marcigoué, rouge 2010
Terroir calcaire. Plus sur le fût. Belle rondeur. Des épices.
Orléans – Clos Saint Fiacre
Hubert Piel nous présente ses Pinots Meuniers, un peu contrit par le froid du matin et par les restrictions de l’appellation qui ne lui permettent pas de faire plus de pinot noir.
Orléans, rouge 2010
Pinot Meunier 80%, Pinot Noir 20%. Il fait vraiment trop froid pour laisser une chance à ces vins rouges.
Orléans, Excellence 2009
Sur les fruits cuits. La chaleur du millésime et la rondeur de la barrique.
Ménetou-Salon – Tour Saint-Martin
J’étais en mission pour ramener les dernières bouteilles de Sauvignon Morogues 2010 avant le passage au 2011.
Saint-Nicolas de Bourgueil – Gérald Vallée, Domaine de la Cotelleraie
Saint-Nicolas de Bourgueil, Domaine 2010
La verdeur du Cabernet Franc, mais avec du fruit.
Saint-Nicolas de Bourgueil, Les Perruches 2010
Plus aimable.
Saint-Nicolas de Bourgueil, L’envolée 2009
Sur les coteaux. Arrondi par l’élevage et le millésime.
Bourgueil – Yannick Amirault
Benoît Amirault fait déguster les vins. Yannick, un des premiers vignerons à m’avoir fait déguster ses vins sur les futs il y a dix ans alors que je commençais à me piquer au jeu des dégustations. Son nom sur l’étiquette suffit à me faire aimer le Bourgueil et plus encore le Saint-Nicolas.
Saint-Nicolas de Bourgueil, La Mine 2010
Le froid ne gomme pas tout à fait les tanins.
Bourgueil, Les Quartiers 2009
Terroir calcaire. Bien, de la gourmandise. Toujours les tanins.
Bourgueil, Le Grand Clos 2009
Je commence à m’habituer aux tanins ou ils sont plus lisses ? Semble plus prêt à boire.
Saint-Nicolas de Bourgueil, Les Malgagnes 2010
Généralement mon favori. Ici encore sur les tanins de la jeunesse et la vanille du fût. Bien.
Chinon – Charles Joguet
Anne-Charlotte Genet anime les dégustations avec son sens commercial habituel.
Chinon, Clos du Chêne Vert 2009
Ma cuvée favorite du domaine dont j’encave chaque millésime. Ici étonnamment charnu et avec une rondeur inattendue. Je l’avais dégusté au fût avant la malo. Un grand Chêne Vert, quoique un peu décalé.
Chinon, Clos de la Dioterie 2009
Plus raffiné, parfumé. Une pointe de vernis. Reste plus gourmand conformément à mes a priori.
Les Lyonnais font leur concours international des vins
Lyon est certainement le lieu d’habitation qui me permettrait d’assouvir encore plus mes passions pour le vins et la montagne. Elle est au carrefour de régions viticoles dont les produits me procurent de grandes émotions et il est plus envisageable de se décider le matin d’aller faire une rando pour aller pique-niquer en montagne que depuis Paris.
Le concours international des vins à Lyon me faisait donc fantasmer depuis l’année dernière où j’avais dû renoncer à y aller parce-que j’étais trop charrette côté boulot.
Cette année, je profitai de membres lyonnais du Cercle qui m’accueillaient à bras ouverts depuis le temps que je leur avais promis de passer et de vignerons au nord du Rhône qui me faisaient bien envie d’aller voir dans leurs domaines.
En ce samedi matin fortement ensoleillé, j’arrivais donc avec un retard tout parisien dans la grande salle de dégustation avant la fermeture des portes.
Moins de jurés qu’au CGA de Paris ou aux concours de Macon ou de Bordeaux, mais plus qu’aux Vignerons Indépendants.
Première cession de dégustation: 20 cols du Ventoux et alentours.
La notation demandée sur 100 est facilitée par la décomposition classique de la note totale entre les appréciations de vue, nez et gout, plus l’appréciation générale. Je m’en tiens au barème proposé, habitué professionnellement à appliquer les protocoles d’études scientifiques.
Nous sommes trois jurés autour de la table. Pas de président par jury. Les organisateurs nous annoncent fièrement que nous faisons partie des jurés dument sélectionnés pour leur compétence reconnue. Les instructions sont de noter individuellement chaque vin. Il ne nous ai pas demander de faire la synthèse de nos appréciations et d’attribuer les médailles. En terme de boite noire, c’est pire qu’au concours des vins de Macon. Ici, pas d’échanges entre les jurés, chacun doit se borner à donner la note sur 100 de chacun des vins. L’organisation fait ensuite son petit frichti mathématique pour décerner les médailles.
Je fais le service et impose un rythme soutenu pour venir à bout des 20 bouteilles alignées et masquées sur notre table à se balader entre le Ventoux et Nîmes. Dégustation dans l’ordre aléatoire dans lesquelles les bouteilles se sont retrouvées alignées. Pas satisfaisant à mon gout de mélanger ainsi les millésimes et les appellations, mais ce n’était pas prioritaires pour mes collègues de jury qui semblaient pressés d’en finir. Ils n’avaient pas fait 500km pour s’assoir à cette table et comme je pense être le seul amateur d’après les règles de composition du jury, j’en déduisais qu’ils devaient considérer cette matinée comme une prolongation de leurs contraintes professionnelles.
J’étais franchement déçu par le dilettantisme de leur attitude et notamment stupéfait de constater qu’ils avaient chacun au moins deux erreurs dans les numéros de vins qu’ils avaient notés. Et je ne sais pas comment ils se sont débrouiller pour assigner les bonnes notes aux vins manquants.
La côté ludique de ce jury est que nous pouvions apporter les 2-3 meilleures bouteilles au buffet du midi pour faire profiter de notre choix à l’ensemble des jurés (voir la photo qui illustre ce bric à brac). Pour faire cela, je demandais à chacun de me donner les 5 meilleures bouteilles sur les 20 que nous venions déguster. Aucun de nous trois n’avions sorti les mêmes 5 meilleures. Nous nous retrouvions donc avec 15 meilleures bouteilles sur les 20 !
Pour pratiquer des comparaisons statistiques des vins que nous notons dans les clubs de dégustations que j’anime, j’en déduisais qu’il était très improbable que des médailles sortent de la moyenne de nos notes.
Grosses déception donc sur le travail effectué: comment diable vont-ils faire pour attribuer des médailles à nos 20 vins notés de façon si disparates et avec des erreurs dans l’enregistrement des notes ?
Comme j’avais du temps avant de prendre la route pour mes visites de l’après-midi et que je souhaitais tout de même rentabiliser les 5h passés hier en voiture pour venir à ce concours, je me portais volontaire pour une deuxième cession consacrée aux vins étrangers, avant de rejoindre le buffet.
Deuxième cession: tour du monde du merlot et d'autres choses
Je me retrouvais ainsi avec deux nouveaux membres du juré pour la quinzaine de vins à noter sur une nouvelle table. Principalement des Merlots, mais pas que… et d’un peu partout autour du Monde (Charente, Italie, Espagne, Croatie, Afrique du Sud, Argentine…). Un grand melting pot de pays et de cépage. Nous sommes trois amateurs, motivés pour être volontaires à cette deuxième cession, et non pas professionnels astreints à assurer notre présence parce-que notre employeur présente des vins. Cette fois, nous échangeons nos impressions n’étant pas des professionnels de la dégustation, nous doutons raisonnablement de la valeur de nos jugements isolés. Nous sommes d’accord sur le faible niveau général des vins qui nous sont proposés. Nous arrivons à noter passable quelques étrangers au détriment des vins de pays français. Pouvoir lever l’anonymat des bouteilles une fois que nous avons rendu le procès-verbal de nos délibérations est à double tranchant: qu’elle n’est pas ma surprise quelques semaines après le concours de voir dans la liste des médailles un de ces vins de pays français que nous avions unanimement écartés. Je ne sais pas par quel jeu de correction de nos notes, l’organisation a pu faire passer ce vin au-dessus d’un seuil fatidique pour décrocher une médaille.
Je pensais profiter de ma participation à ce concours pour rencontrer les Grands Chefs Cuisiniers Lyonnais ou des sommeliers et confronter mes jugements à des professionnels de l’art culinaire. Je n’en ai rencontrer aucun dans les deux jurys auxquels j’ai participés. De plus, le buffet pour remercier les jurés étaient à la charge du sponsor Métro, et bien dégarni pour les jurés qui avaient enchainer la deuxième cession.
Moi qui pensait discuter des accords mets et vin avec des sommeliers et les grands cuisiniers qui nous auraient préparés un buffet, je tombais de haut.
Bref, tous les concours ne se valent pas.
Entre Lyon et Valence, quelques Syrah
Aller voir les vignerons en dessous de Lyon reste compliqué pour moi. Plus de 5 heures de route, des vignerons peu disponibles (3 des 6 vignerons que j’ai contacté ne pouvaient pas me recevoir, une première dans ces proportions comparée aux autres régions viticoles où je me déplace), peu ou pas de vin à vendre, des vins chers, en monocépage parfois sur des sélections parcellaires donc difficile à acheter à l’aveugle.
De plus Gildas et moi partageons des expériences chez des vignerons différents de cette région où nous avons été reçus plus que légèrement considérant notre intérêt pour le vin et pour les vignerons.
Autant dire que le soleil et les températures exceptionnellement douce de ce mois de mars étaient les bienvenus pour me donner du baume au cœur cette après-midi là, surtout après une matinée de concours qui avait mise en exergue l’amateurisme dont peut faire preuve certains professionnels dans le milieu du vin.
Domaine Fayolle fils et fille.
| Premier arrêt à Gervans, pour ma première visite chez les frère et sœur Fayolle. Après avoir laisser mon GPS m’orienter entre Tain et Crozes-Hermitage entre les parcelles de Syrah d’Hermitage et les parcelles d’abricots Bergeron en fleur, je me retrouvais chez les Fayolle à Gervans. Accueilli par la mère de Céline et Laurent, et par le chien qui aboie plus fort que la sonnette ne sonne: pratique pour annoncer le visiteur mais moins facile de se sentir le bienvenu. |
|
Les cuvées d’entrée de gamme “Sens” sont épuisées en 2010 et le 2011 pas encore en bouteille.
Crozes-Hermitage Les Pontaix blanc 2010
Pure Marsanne sur un sol argilo. 40% passe en fût. Nez de bière (pas à mon gout). Bouche douce.
Hermitage Les Donnières blanc 2010
Marsanne très majoritaire, élevée en fût. Plus de couleur. Nez très sur le fût. De l’alcool.
Crozes-Hermitage Les Pontaix 2010
Nez bien fruité (cerise, cassis). Tannique, de garde.
Crozes-Hermitage Clos les Cornirets 2010
Vieilles vignes. Belle tension acide. Plus sur le grillé/moka.
Hermitage Les Donnières 2010
Grosse concentration, tout en étant moins tannique. Bien.
Direction Valence et passage sur l’autre rive du Rhône pour se garer au pied de l’église de Cornas où je retrouve Guillaume Gilles qui me conduit dans son caveau à quelques mètres de là. Caveau qu’il loue à Robert Michel pour y élever ses vins.
Ce n’est que la deuxième fois que je rencontre Guillaume Gilles. Après une découverte fortuite du personnage et de ses vins à un salon des Vignerons Indépendants: c’était le seul vigneron de Cornas présent à ce salon et je voulais faire tous les vignerons de Cornas pour préparer une séance de dégustation du club oeno. Le personnage est très discret, sans être timide. Avec son Cornas, j’avais enfin trouvé une Syrah nordique qui me parlait.
Guillaume Gilles m’a donné l’impression de chercher encore à comprendre comment faire le vin qui lui plait sans dénaturer l’expression des terroirs qu’il exploite. Ainsi la parcelle qu’il exploite sur Cornas (Les Chaillots) se divise en trois grands secteurs: le bas de la combe près du ruisseau de Cornas, qui donne maintenant une cuvée à part, les Grands Murs et les Terrasses. Les deux dernières sont assemblées pour donner le Cornas du domaine.
Voir l’article de Vin-Terre-Net pour une description plus complète.
Côtes du Rhône Les Peyrouses 2011
La parcelle des Peyrouses, encerclée par les habitations entre la voie ferrée et le Rhône.
Les vignes du grand-père. Très vieilles sur un sol sableux. Gouté au fût. Nez fumé, pas lourd. Sur le fruit, bien.
Cornas, La Combe de Chaillots 2011
Le chemin des églantiers à Cornas avec au fond au milieu et à l’ombre la Combes de Chaillot où Guillaume Gilles exploite sa principale parcelle. 
Vendange partiellement éraflée. Gouté sur le fût. Fruité, les tanins sont doux.
Cornas, dégustation d’un fût Les Grands Murs 2011
Vendange entière (non éraflée). Nez cacao, réglisse. La chaleur du sud. Puissant.
Cornas, dégustation d’un fût Les Terrasses 2011
Nez plus de finesse, plus cerise à l’eau de vie. Je ne serais pas habitué aux changements de terroirs bourguignons, j’aurais été surpris de la différence entre ces deux expressions d’une même parcelle. La bouche est droite, un peu décalée, moins tannique.
Devant la différence entre Les Grands Murs et Les Terrasses, l’assemblage des deux se justifie.
Côtes du Rhône Les Peyrouses 2010
Gouté en bouteille. Nez réglisse, bouche un peu tannique.
Cornas La combe de Chaillot 2010
Joli, bien enveloppé. De fruit plutôt frais.
Cornas 2009
Puissant. Gros tannin en finale. Déjà un peu de gourmandise.
Ces dégustations ont confirmé tout le bien que je pensais des vins de Guillaume Gilles. Cela va être passionnant de voir l’évolution de ce jeune vigneron et de ses vins.
Dernière visite de la journée dans le village voisin et limitrophe de Saint-Péray. Ayant 20 minutes d’avance, j’essaie sans succès d’avancer le rendez-vous pour gagner un peu de temps sur les 5h qui m’attendent pour rentrer sur Paris.
Entre les absences de vignerons, les accueils polis et les aboiements de chien, je ne garderai pas un souvenir impérissable de mon passe dans les côtes du Rhône nordique. De là à penser que ce sont des villages où les vignerons vendent bien leurs vins et préfèrent réserver leur énergie à l’accueil des clients pour la saison touristique estivale…
Heureusement Guillaume Gilles a pris le temps de me faire découvrir ses vins, sans rechigner à ouvrir des bouteilles pour que je me fasse une idée plus large de son travail. Cela sauve un peu la journée et mon opinion des vignerons de la région.
Domaine du Tunnel
Les cuvées hauts de gamme sont épuisées à la vente.
Saint Joseph 2010
Fruité, bien, fluide
Cornas 2010
Toujours le même fruité. Tanins domptés. Plutôt poivre, épice. De la douceur.
Les deux vins permettent de se faire une idée du style du domaine. Sur le fruit, facile sans être fluet. La gourmandise avant tout.
Salon des Vignerons – Porte de Champeret – mars 2012
Beaucoup de vignerons profitent de ce salon du mars pour faire déguster le nouveau millésime fraichement mis en bouteille.
Cela fait deux ans que j’ai abandonné l’idée d’aller Porte de Champeret en voiture et d’acheter du vin sur place. Je profite donc des trains de banlieue pour récupérer un peu du manque de sommeil, louper mes correspondances et prendre une heure de retard sur mon arrivée. J’arrive ce matin-là au salon d’aussi mauvaise humeur que si j’étais venu en voiture.
Heureusement, pas de projets d’achat, juste le plaisir de retrouver les vignerons que je croise une à deux fois par an sur ces salons. Je finirais quand même par craquer et ramènerais le quota de 5 bouteilles que peut contenir mon sac à dos.
Cette année, ma liste des vignerons à rencontrer s’était étoffée des suggestions de d’Emmanuel Delmas, mon copain très virtuel de FB. J’avais pu récemment constater que nous partagions de l’affection pour la plupart des vignerons et de leurs vins dont il avait postés les commentaires. Pas tant de vignerons que ça à ajouter sur ma liste puisque là aussi j’en connaissais déjà une petite moitié parmi ses suggestions.
Toujours pour comprendre le travail du vigneron au travers de ses vins, je privilégiais le temps passé à leurs stands plutôt que le nombre de stands. Attendu pour diner à Lyon, je n’ai pu voir qu’un tiers des vignerons que j’avais prévu.
Dégustation dans l’ordre de mes visites
Loire – Domaine de la Tour Saint-Martin
J’aime bien me mettre en bouche avec leurs Sauvignon. Et puis je préfère commencer par des vins et des gens que j’aime bien pour nettoyer ma mauvaise humeur matinale et me mettre dans les bonnes prédispositions d’une dégustation sérieuse.
Valençay blanc 2001
Nez typique sauvignon. Plus verdeur (buis) que le pipi de chat. Belle fraicheur. De l’alcool et de l’acidité. Un peu entre sècheresse et amertume en finale. Bel exemple pédagogique du sauvignon.
Menetou-Salon Morogues blanc 2010
Du fruit. Flatteur, presque du miel. Des fruits exotiques (ananas). La bouche est un peu décalée, moins exubérante. La trame acide porte le fruit.
Valençay Hortense en Sauvignon 2010
Nez en retrait, très discret. Bouche aussi discrète, pas franchement acide, plutôt sur la tension. Trop fermé à déguster après le Morogues.
Chablis – domaine Gautheron
Pour continuer sur mon survol d’horizon des Chablis sans fût, comme Billard-Simon ou Louis Michel. Par contre, ici, passage aux 2010.
Chablis 2010
Evidemment plus de corps qu’un petit chablis. L’acidité est marquée par rapport à mon souvenir des 2009. Finit bien.
Chablis Premier Cru Vaucoupin 2010
Assez souple. Des notes de pierre à fusil. Finale un peu sèche.
Chablis Premier Cru Mont du Milieu 2010
Plus ouvert, plus chaleureux. Plus de matière.
Chablis Premier Cru Les Fourneaux, vieilles vignes 2010
Plus de matière. De l’alcool marqué par moins de tension acide. La finale est bien, fluide.
Bourgogne – Domaine Huguenot
J’avais commencé à gouter leurs vins aux Vignerons Indépendants avant de poster des billets sur un blog, avant que Bettanne et Desseauve ne mettent en avant l’appellation de Marsannay et avant que mes collègues du club oeno franchement pas convertis aux vins de Bourgogne ne se convertissent aux vins des Huguenot. Si Emmanuel Delmas s’y met aussi…
Marsannay blanc 2010
Nez sur le grillé du fût. De la douceur, un peu de beurre. La bouche est sur le fût, un peu trop marquée à mon gout. De la rondeur. Un peu de fruit, finale sur la vanille.
Marsannay Champ Perdrix 2009
Nez très pinot et grillé. De la gourmandise, normal pour un 2009. Bouche entre le sérieux et le fruit. Un rien terreux lui donne du caractère. Bel élevage, de la souplesse.
Fixin Les Petits Crais 2009
Nez plus floral (l’image que je me fais d’un Volnay). Un rien de verdeur fait ressortir à l’agitation plus d’épices que de fruits. La bouche est là aussi sérieuse, moins enveloppée. L’astringence ressort. La finale est bien et voir le retour du côté floral du nez.
Gevrey-Chambertin Les Crais 2009
Nez classe. Sur l’équilibre entre la douceur du fût (grillé, glace au café) et des notes acidulées. La bouche est sur la tension, mais n’a pas à ce stade la complexité que laisse espérer le nez.
Gevrey-Chambertin Premier Cru Fontenys 2009
Nez sur le fût (toujours grillé). Moins de vanille et plus d’épices. La bouche est plus équilibrée par l’acidité qui fait ressortir le fruit. Mais aussi les tanins de l’élevage.
Charmes-Chambertin Grand Cru 2009
Nez discret, en retrait par rapport aux Gevrey-Chambertin. La bouche est aussi en retrait, sur l’astringence. Mais plus de matière prend le pas sur le fût.
Un style de vin. Du bois, moderne, pour séduire dans leur jeunesse par de la rondeur . Du fruit. Mais pas la lourdeur de la sucrosité. Des pointes d’épices et d’acidité pour tenir le vin.
Bourgogne – Bertrand Machard de Gramont
J’avais croisé Axelle dans les couloirs des Nuits au grand jour la semaine d’avant. Sachant que le domaine aurait un stand ici, j’avais reporté ma dégustation à aujourd’hui. Ici, il y a un style et tout ce qui me permet de rester fasciné par les vins de Bourgogne: comment avec un seul cépage et des parcelles si petites peut-il y avoir autant de différences entre les vins. Dans mon bestiaire personnel, j’épinglerais les vins d’Axelle à côté de ceux de Thibault Liger-Belair. Ils ne sont pas aussi ciselés, mais ils sont tout autant l’expression du jus de raisin fermenté d’un coin de terre sans artifice visible à mon palais.
Nuits Saint Georges Aux Allots 2008
Nez intriguant, entre le viandé et le floral. Evolue comme des effluves de parfums à l’agitation: les notes d’évolution partent pour être remplacées par des fleurs et des épices (un peu de tabac blond). En bouche, fluide mais pas léger. Assez court cependant (ou les notes sont trop discrètes).
Nuits Saint Georges Les Terrasses des Vallerots 2008
Parcelle au-dessus des célèbres Premier Cru sur le cône de déjection de la combe de Vallerots (juste pour frimer avec ma récente révision des terroirs de NSG). Le nez est plus marqué par l’élevage, et moins d’évolution (plus vanille que grillé). Bouche sur l’acidité. Un peu d’astringence. Le fruit est tenu (très rouges: groseille, presque framboise). Un peu plus expressif.
Bourgogne Les Grands Chaillots 2009
La bouteille vient juste d’être ouverte: le nez est encore discret. Je commence à voir l’apparition d’un style (viande). Rafraichissant pour un 2009 (et pour un carnivore qui confondrait la viande avec les fleurs). Un peu d’épices. Evidemment pas la subtilité ni la complexité des précédents. Bouche sur la gourmandise, mais encore sur la retenue pour un 2009.
Nuits Saint Georges Les Vallerots 2009
Au nez toujours ce style. Jamais de puissance. Des saveurs intrigantes. Bouche toujours discrète, surprenant pour un 2009. J’aime bien, mais il ne faut pas d’attendre ici à ce que la générosité d’un millésime masque le style.
Nuits Saint Georges Les Hauts Prûliers 2009
Nez plus capiteux, presque de la douceur (pointe de café). Cela perturbe un peu ma conception des Nuits plus tendus côté Vosne. Bouche toujours aussi retenue pour un 2009.
Bourgogne – Domaine Tortochot
Encore un coup d’Emmanuel Delmas. Un bourguignon sur le salon que je ne connaissais pas encore. Ou plutôt une, puisque c’est Chantal Tortochot qui me fait découvrir les vins du domaine.
Morey Saint-Denis 2010
Nez légèrement vernis. Bouche souple. Sans astringence. Sur la fluidité.
Gevrey-Chambertin Les Corvées 2010
Nez bizarre, un peu gibier, pas désagréable. En bouche, un peu sage, plutôt floral avec de la charpente. Le fût est discret.
Gevrey-Chambertin Champerrier 2009
Vieilles vignes de 60 ans. Nez savon (violette ?). De la matière en bouche. Le pinot commence à s’exprimer.
Gevrey-Chambertin Premier Cru Lavaux aux Saint Jacques 2010
Joli nez sur les fruits rouges cuits. Bouche plus tendue. Du fût mais le fruit n’est pas masqué. La finale est douce.
Charmes-Chambertin Grand Cru 2009
Discret au nez. Des tanins et de l’astringence en bouche. Bel acidité pour que le fruit s’exprime. Un peu sec en finale.
Gevrey-Chambertin Premier Cru Les Champeaux 2010
Plus puissant que le PC Lavaux. Bien fait. Les tanins sont prometteurs.
Mazis-Chambertin Grand Cru 2009
Nez sur le fût, puis floral. Bouche sur la construction acide. De la matière. La finale est bien et ne laisse pas le verre sur l’impression du bois
Bourgogne – Michel Magnien
Il y a dix ans, je suis entré en Côtes de Nuits avec les vins de ce domaine. Mon jeune palais de dégustateur commençait à se lasser de la puissance des vins du Languedoc. Mais pour passer au pinot, j’ai eu la chance d’être tombé sous le charme des vins des Magnien. Ils sont l’archétype du style moderne: trop boisé, trop puissant, trop mûr. Le style est assumé et se retrouve sur l’ensemble de la gamme. J’aime cette originalité, dans la bouteille comme sur l’étiquette.
Et puis, Michel ressemblerait presque à un guide de montagne avec son teint halé et sa forme compacte propre aux chalets bas de plafond. Profitons donc que son Frédéric de fils l’envoie toujours guider les clients sur les salons parisiens pour nous permettre de comprendre chaque année pourquoi le style Magnien est si séduisant.
Marsannay Morgottes 2009
Dès le nez, le style Magnien, la puissance. Bouche en retrait, sur l’acidité et finit sur le grillé.
Morey-Saint-Denis Très Girard 2009
Nez savon (violette ?). Du fruit de pinot en bouche (cerise griotte). Fût (toasté) bien intégré.
Gevrey-Chambertin Les Seuvrées, vieilles vignes 2009
Nez vineux, étonnant pour du Magnien. Presque un peu de viande. Je retrouve le profil des vins de Tortochot. Est-ce que ce serait le profil des Gevrey ? En bouche, retour de la puissance, inattendue après le calme du nez. Finale un peu sèche.
Vosne Romanée 2010
Crochet en 2010 avant de passer aux premiers crus. Nez discret. La bouche est sur un joli fruit, charmeur. Bizarrement plus de douceur qu’un 2009, comme le raffinement version Magnien.
Morey-Saint-Denis Premier Cru Millandes 2009
Leur PC au centre du village, représentatif. Nez toasté, sur les épices. La bouche est suave. Du Magnien au meilleur.
Morey-Saint-Denis Premier Cru Chaffots 2009
Nez moins arrondi. Un peu d’astringence. En bouche, plus de vin.
Chambolle-Musigny Premier Cru Sentiers 2009
Nez toasté, fruits noirs (mure, cassis). Bouche sur l’acidité, compense le côté presque compote de fruit.
Gevrey-Chambertin Premier Cru les Cazetiers 2009
Nez classique Magnien, moins expressif. La puissance dans le velour. Bel maitrise des tanins.
Charmes-Chambertin Grand Cru 2009
Nez délicat, presque vineux. Sur les fruits rouges. Pas exubérant.
Clos de la Roche Grand Cru 2009
Nez toasté, de la puissance. C’est corsé. Ne pas réveillez l’ours qui dort.
Rhône nord – Domaine Champal
Un petit détour par un stand sur le chemin en Rhône nord pour préparer mes visites du lendemain du côté de Cornas. Découverte des vins rouges d’Eric Rocher.
Crozes Hermitage chambayou 2010
Nez ouvert, séduisant par sa douceur. Bouche sur acidité.
Saint Jospeh Terroir de Champal 2010
Joli nez violette, floral. Pile sur la gourmandise de la syrah. Du cassis.
Saint Jospeh Terroir de Champal 2009
Nez épicé. Bouche tannique. Un peu de sècheresse et d’astringence sur la fin.
Saint Joseph Terroir de Champal 2007
Nez viandé assez typique de l’évolution, pourtant pas si vieux. Bouche légèrement sur l’acidité, mais sans agressivité. Plus de fruit qu’au nez.
Fitou – domaine des Mille Vignes
A nouveau guidé par Emmanuel Delmas, découverte de ces Fitou que j’aurais pu comparer à ceux du domaine Bertrand Bergé que je fréquente régulièrement sur ces salons.
Vin de Pays Chasse Filou 2011
Un grenache produit en toute petite quantité, tout sur le fruit. Effectivement très jus de fruit, presque un jus de raisin.
Fitou Cadette 2009
La trilogie Grenache, Carignan, Mourvèdre. Joli nez ouvert, fruité. De la complexité après le grenache. Bouche moins ouverte, mais sur la fraicheur. Dommage qu’il soit si discret en bouche, il va falloir attendre.
Fitou Atsuko 2010
Les vieilles vignes de Grenache vinifiées séparément les grandes années. Nez presque salin. Des tanins, s’élargit en bouche.
Languedoc – Mas de Martin
Je ne résiste pas à aller saluer Christian Mocci sur le chemin de la sortie. Ses vins sont une gourmandise.
Vino del Pinot 2008
Ce que l’amour du Pinot vous pousse à faire: planter son cépage favori loin de ces terres de prédilection. Nez chaleureux. En bouche de la souplesse et de la gourmandise. Se boit bien. Je n’aurais pas dit du Pinot à l’aveugle.
Vénus 2010
Bien, de la souplesse. Pas de sècheresse grâce à l’équilibre sur l’acidité.
Plein sud 2010
La Syrah du domaine. Des notes grillées, chocolatées. Des beaux tanins. Pourra se garder un peu pour en profiter.
Ultreia 2010
La trilogie Syrah, Grenache, Mourvèdre. Joli nez déjà gourmand. En bouche, les tanins sont souples. Belle longueur avec une finale sur le tabac.
Languedoc – Mas Cal Demoura
La sortie n’est pas loin et je suis déjà en retard. Un petit dernier pour la route et le plaisir. Un petit bonjour à Isabelle Goumard et aux vins du domaine.
L’étincelle blanc 2010
Chenin majoritaire avec du grenache blanc, de la Roussanne, du Petit Manseng, du Viognier et du Muscat. Nez très ouvert, abricot et surtout poire. Joli gras en bouche équilibré par une belle tension. La légèreté des fleurs. Séduisant. Je craque.
Parole de Pierres blanc 2009
Chenin (70%), Roussanne, Grenache blanc et Petit Manseng. Nez pomme à coing, très typé Loire (Montlouis). A l’agitation, miel de la roussanne. Une pointe d’alcool à bruler trahirait un peu d’oxydation. Rond en bouche, le gras est discipliné. Vin moins de fête que l’étincelle, plus de repas.
L’infidèle 2009
Syrah, Grenache, Mourvèdre, Carignan, Cinsault. Nez séduisant, sans esbroufe. Belle fraicheur. Aucune lourdeur en bouche.
Les Combariolles 2009
Syrah, Mourvèdre, Grenache. Nez légèrement fumé, un peu fermé. Les herbes séchées. Droit en bouche, toujours la fraicheur.
l’Infidèle 2005
Nez très ouvert. Stupéfiant: fruits rouges, noirs, des odeurs de garrigue mais après la rosée d’un matin d’été pas encore cuits par le soleil. La fraicheur, presque un peu de rafle. La bouche est souple, moins de puissance que ce que promet le nez. Certainement à attendre encore un peu.
Feu Sacré 2009
Grenache (80%) et Syrah. Nez discret, quelques pointes de Maury. Bouche voluptueuse. Pas de lourdeur, toujours cette fraicheur. Des tanins.
La vie de château avec OenoloGif
La veille à Nuits Saint Georges, je profitais de retour chez moi que le club des Oenophiles de Gif sur Yvette, la commune de mon lieu de travail, organiser son salon annuel. L’intérêt de ce salon, un plus de déguster les vins des vignerons présents, est l’attention portée par les organisateurs aux choix pédagogiques des vignerons invités.
Me voilà donc à nouveau un verre de dégustation à la main à faire les aller-retour entre les deux petites salles du rez de chaussée du château de Belleville. Paradoxalement la proclamée Grande Salle voit s’entasser plus de vignerons, forcément, mais aussi plus de monde. Pas facile facile de circuler. Mais bon, comme tout banlieusards nous sommes habitués à nous tasser entre les banquettes du métro ou des trains de banlieue. Aujourd’hui ce n’était pas pire entre les tables de la Grande Salle qu’un jour de grève des transport en commun.
Chablis – domaine Louis Michel
Première rencontre avec Guillaume Gicqueau-Michel. Grace à Camille, j’avais dégusté récemment le Chablis GC Vaudésir chez Billard-Simon. J’étais curieux de voir cette autre interprétation d’un Grand Cru sans fût.
Chablis Premier Cru Butteaux 2009
Nez sur la verdeur et la tension minérale. La pierre à fusil est là. Bouche sur la même tension. Vraiment plus minéral qu’acide. Finale sur l’amertume. bien.
Chablis Premier Cru Montée du Tonnerre 2009
Nez discret, pas aussi tendu que Butteaux. Bouche sur la chaleur. Toujours même minéralité (on sent les petits coquillages du jurassique). Assoupli par la chaleur. Un peu plus de fruité.
Chablis Grand Cru Vaudésir 2009
Nez floral, plus ouvert. Bouche moins d’alcool, plus de caractère. Bien assouplie, impressionnant malgré l’absence d’élevage sous bois. Un joli compromis entre la tension des Butteaux et la douceur de la Montée de Tonnerre.
Alsace – domaine Lissner
Je ne suis pas un amateur des vins alsaciens. Dès qu’ils ont un peu de sucres résiduels, je leur trouve un caractère trop prononcé. Certains Riesling éveillent parfois des émotions. Toujours prêt à revoir mes préjugés de dégustateur amateur, je faisais connaissance avec les vins de ….
Parmi les amateurs qui avaient réussi à se frayer un chemin jusqu’à la table, je mets un peu de temps à reconnaitre une tête déjà vue: le président de ma table de dégustation aux Elus Vins Plaisir de la semaine dernière. Il semblerait que je ne me sois pas trompé sur l’intérêt de déguster ces alsaciens. D’une audace limitée par le peu de temps où je souhaitais rester dans cette ambiance pressante, j’en restais au Riesling.
Riesling Wolxheim 2009
Nez tendu. Attaque en bouche un peu perlante. Un peu de pomme verte granny. Pas de douceur perceptible, mais la sensation de chaleur vient en finale. Compensée par une toute légère amertume. Du gras finalement, équilibré.
Riesling Grand Cru 2009
Nez bien ouvert, légèrement fumé. Attaque en bouche sur le gras. Puis tendu. Impression d’alcool est bien domptée. La finale est saline, presque salivante. Beau travail d’équilibre.
Je suis toujours aussi naïvement surpris par le prix très abordable des Grand Cru alsacien, surtout moins de 24h après avoir déguster des Grand Cru bourguignons.
Loire, Vouvray, domaine Vincent Carême
Avec encore en mémoire les dégustations de mon club d’œnologie autour du chenin organisées par bibi ou par Hakim, j’allais tout fier porteur de ma micro-expertise du chenin à la découverte des vins de ...
Peu Meunier 2007
Nez pomme, légèrement blette. Bouche sur la tension acide, mais beaucoup de gras l’éloigne des sensations d’un sec pur jus. Des notes d’évolutions en finale ternissent sa fraicheur.
Tendre 2009
Nez pomme (mais pas cidre). Du miel et toute la douceur. En bouche, beaux agrumes (pamplemousses et citrons de toutes les couleurs) Finale sans sècheresse de l’alcool.
Moelleux 2009
Nez sur le coing et les fruits confits, pile dans le registre de l’appellation. Toujours un peu de pomme. En bouche, concentration évidente. La tension suffisante pour tenir le sucre. Finale sans sècheresse ni lourdeur.
Brut 2010
Méthode traditionnelle. Bien, doux.
Ancestrale 2009
Méthode ancestrale = pas d’ajout de levure ni de sucre pour la prise de mousse. Nez pomme, plus tendre. Mieux, moins de douceur.
Anjou – famille Papin, Château Pierre-Bise
Tout juste quatre jours après avoir dégusté un de leur vins à l’aveugle lors de la séance oeno organisée par Hakim, je croisais à nouveau ces vins et leur vigneron.
Anjou blanc, Le Haut de la Garde 2009
Nez fermé. Bouche bien sur le fruit (agrume confit), un peu d’amertume en finale. Difficile d’alléger la lourdeur de l’alcool.
Savennières Clos Le Grand Beaupréau 2010
Nez fermé. Un peu de fruit. Demande de l’agitation pour trouver plus de subtilité que les 2009. Bouche bien sur minéralité, plus une pointe d’amertume. Manque un peu d’acidité.
Savennières Roche aux Moines 2010
Nez ouvert, floral. Bien: l’agitation révèle une palette d’arômes. Bouche légèrement fumée, un peu de perlant. Beau volume. Des petites touches subtiles subsistent. Finale sur amertume, arrondie. Bien.
Bourgogne – domaine Gachot-Monot
Ce n’est pas très faire-play de ma part d’aller gouter ces vins du village de Corgoloin, toujours dans les souvenirs enjolivés de mes dégustations de la veille à Nuits Saint Georges.
Côtes de Nuits Villages, les Chaillots 2009
Bien, la facilité des 2009
Nuits Saint Georges Aux Crots 2009
Nez métallique, pas animal. Un peu de sucre en bouche. Doux et souple.
Côtes de Nuits Villages, 2008
Nez métallique. Léger, fluide, un peu acide.
Nuits Saint Georges Aux Crots 2008
Nez plus animal que métallique. Sur l’acidité. Un peu de fruit. Pas trop d’astringence.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Poulettes 2008
Nez –enfin- floral. Toujours la trame acide. La finale manque un peu de consistance et marquée par l’acidité.
Roussillon – Domaine de La Rectorie
Pour finir, on achève bien le palais avec la puissance des Collioure et Banyuls.
Collioure “Mer” 2010
La trilogie languedocienne Syrah, Grenache et un poil de Carignan. Souple, sur le fruit (cassis, mure). Bien.
Collioure “Montagne” 2010
La Counoise vient rejoindre le trio. Sec (encore sur le bois de l’élevage). Des accents vineux intéressants. Finale sans alcool dominant.
Banyuls “mise précoce” Thérèse Parcé
Pruneau cuit. Moka. Sècheresse de l’alcool. Bouche bien, du fruit, presque plus frais d’au nez.
Banuyls Léon Parcé
Nez plus discret, mais le fruit est plus flatteur en bouche. Du sucre plus que de l’alcool. Bien.
Banuyls “mise tardive”
Rimage (muté sur grains et élevé en barriques pendant 1 à 3 ans). Nez kirché. Bouche plus sucrée. Un peu lourd mais pas alcoleux.
Banuyls “oublée”
Méthode Soléra. je goute par curiosité puisque je suis encore réfractaire aux vins oxydés. Léger alcool à bruler mais les fruits prennent le dessus (étonnantes noix fraiches mais pas fruits secs). Intéressant en bouche, d’abord pruneau puis évolue sur les fruits, très secs cette fois.
Les Nuits au Grand Jour – quatrième édition
Quatre ans que je fais l’aller-retour à Nuits Saint Georges dans la journée pour aller rencontrer les dealeurs de Pinot Noir du village pendant leur salon qu’ils tiennent au Grand Jour. Et dire que j’étais persuadé que ce n’était que la troisième fois. Je ne vois vraiment pas passer les années au côtoyer les vignerons bourguignons.
Certains commencent à me reconnaitre: il est vrai qu’avec mon carnet de notes et ma tournée des stands en final pour ramasser les bouteilles achetées avec mon charriot, je dénote. Cette année, j’ai passé autant de temps sur la route qu’entre les stands: 6h. Ils ont dû finir par me remarquer.
Le samedi matin est toujours aussi calme sur le salon. Une aubaine pour le dégustateur qui veut passer du temps à discuter avec le vigneron, un peu moins pour les vignerons qui ont du vin à vendre et aimeraient mieux passer plus de temps à remplir les bons de commande. Tous sont attentifs, voire attentionnés envers les visiteurs. Je me mets à leur place: sont réunis la majorité des vignerons de Nuits Saint Georges et de Premeaux-Prissey et ils proposent souvent les mêmes millésimes, parfois les mêmes Premier Cru. Facile pour le visiteur de se faire sa propre hiérarchie entre les vignerons.
Un petit mémo sur Nuits Saint Georges pour me rafraichir les méninges. Les parcelles sont disposées sur un axe Nord-Sud de part et d’autre du village de Nuits Saint Georges et de la combe du Meuzin. Cette séparation en deux permet de facilement classer les vins de l’appellation quand on a trop rien à en dire mais pour épater les badauds: au nord le froid et la proximité mitoyenne pour certaines des parcelles des Grand Cru raffinés de Vosne-Romanée; au sud la chaleur et les grandes étendues des vins tout en puissance contenue. Au sud, avant d’arriver sur les parcelles de la commune de Prémeaux-Prisset, les déjections géologiques de la combes des Vallerots donnerait les terroirs les plus qualitatifs (Les Saint-Georges et les Vaucrains). L’INAO doit avoir sur leur bureau la demande officielle du syndicat des vignerons pour passer en Grand Cru. Cela peut prendre un peu de temps, peut-être autant que de monter dans la liste d’attente des clients de Thibault Liger-Belair pour gagner son allocation annuelle. Les premiers crus sont répartis sur une bande des coteaux entre 240 et 340m d’altitude. Pour certains vignerons, la partie haute des premiers crus serait restée en appellation village dans un soucis d’économie fiscale des vignerons lors du décret d’appellation: ils voulaient bien des Premiers Crus pour vendre leurs vins plus chers mais pas trop quand même parce-que les impôts sur les terres en Premier Cru seraient plus élevés. Au nord du Meuzin, les Premiers Crus Aux Argillats, Aux Chaignots et Les Damodes ont leur prolongement au-dessus en appellation village. Les vignerons qui ont des vignes des deux côtés du décret de la même parcelle font le même travail, sachant que parfois il n’y a pas de séparation physique sur la parcelle (je ne suis pas allé voir sur place), voire même comme les Damodes des frères Lachéneaut font tout passer dans l’appellation village (la réciproque n’étant évidemment pas possible). D’où une autre dossier déposé à l’INAO: passer ces bouts de parcelles en Premier Cru.
Merci au site http://www.vinogeo.fr qui m’a permis de récupérer des superbes cartes des parcelles.
Ce que j’ai gouté dans l’ordre de mes passages.
Avant de partir bille en tête sur les stands, un petit tour de chauffe pour voir que tous les vignerons n’étaient pas encore arrivés et commençaient à peine à ouvrir les bouteilles. Cela me laissait un peu de temps pour échanger quelques mots avec Thibault Liger-Belair, notamment sur le récit de sa récente visite en Nouvelle-Zélande.
Domaine Chauvenet-Chopin
Hubert Chauvenet est un peu la star du Cercle avec ses Nuits Saint Georges: de ce que j’ai encore pu gouter cette année, ils restent le meilleur ticket d’entrée à la typicité des vins de ce village pour un tarif sage.
Avec Hubert, nous faisons les honneurs de la presse locale:
Premiers vins de la journée, les bouteilles viennent juste d’être ouvertes.
Côte de Nuits village 2009.
Il étrenne le verre Riedel acheté à l’entrée et me dégourdit les papilles après le voyage. Le fruit est bien là, porté par une acidité un peu dure pour le réveil. Ca se boit tout seul, mais peut-être un peu plus tard dans la journée!
Nuits Saint Georges Les Charmottes 2009.
Premier nez sur le bois (la douceur du caramel). En bouche, du fruit. Finit sur la noisette. Bien et charnu. 
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Argillas 2009.
Nez fermé, pas encore réveillé. Un peu de fleurs à l’agitation. Bouche attaque sur le fût mais très doux. Tout juste un peu de sècheresse en finale. Bien enveloppé. A attendre. 
Nuits Saint Georges Les Charmottes 2008.
Nez fermé. Bouche plus juteuse, plus d’acidité. Les tanins sont bien domptés (comme toujours chez ce vigneron). La tension fait plus ressortir la gourmandise fruitée du pinot.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Chaignots 2009.
Nez moins fermé, plus sur le fût. Bouche plus ample, moins sur acidité. Un peu sec. Mais toujours des beaux tanins. 
Domaine Henri Gouges
Avec la répétition des salons, je me rends compte que j’ai un décalage avec les vins de ce domaine. J’ai du mal à les interpréter. Comme il y a beaucoup d’amateurs éclairés qui adorent ces vins et les achètent (un des vignerons sur le salon qui propose le moins de vins à la vente et à la dégustation), ils ne doivent pas être mauvais. Par contre, j'adore le design de leurs étiquettes.
Bourgogne Pinot blanc 2010
Une parcelle en haut de coteau. Nez discret, fait penser à un champagne de la Montagne de Reims. Bouche tendue, plus minérale que acide. Fruits à noyaux, voire simplement noyaux. Finale sans amertume.
Nuits Saint Georges Premier Cru Clos des Porêts Saint Georges 2007
Nez animal et sous-bois. Bouche décalée, plus fruité. De la tension, peu de fût perceptible. Il faut plutôt attendre la finale pour une pointe de gourmandise. 
Domaine Robert Chevillon
Denis Chevillon me fait déguster. Vince un touriste californien nous rejoint. Les Chevillon exporte 85% de leur production mais Denis n’entends que dalle à l’anglais parlé sur la côté ouest. Je m’improvise interprète. Les bons vins parlent à tous, mais un petit coup de pouce pour défendre le soldat Pinot Noir est toujours bienvenu.
Nuits Saint Georges village 2009
Oups, trop occupé à intéresser notre californien pour le détourner de son amour du Malbec Chilien (il aurait pu au moins laisser le Malbec au Argentins et se concentrer sur le Cabernet Sauvignon souvent réussi à l’ouest de la cordillère), j’en oublie d’écrire qq mots sur ce vin. Se sera seulement bien et fruité.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Chaignots 2007
Nez bien ouvert pour un 2007 (comparé aux chaleureux 2009). De la rondeur, assez étonnant. Tannins bien glissants. 
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Roncières 2007
Plus austère au nez. Plus jolis fruits en bouche. Pas de sècheresse. Mérite d’attendre encore. 
Domaine Chantal Lescure
Nuits Saint Georges village 2009
Assemblage de trois parcelles sur la plaine de Vosne. De la complexité, presque de la classe (mais bon ce n’est qu’un village, il faut en laisser pour les Premier Cru). Amertume de la matière. De la longueur. Bel équilibre pour un 2009 sans l’acidité d’un millésime moins chaud. Le prix un peu élevé pour un village se justifie dans la hiérarchie.
Nuits Saint Georges Les Damodes 2009
Nez ouvert, raffiné. En bouche des tanins. De la gourmandise comme l’annonçait le nez. Plus fort ici. Un peu de fût en fin de bouche (un peu plus de fût neufs ?). 
Pommard Les Vaumuriens 2009
Profil –évidemment- très différent au sud-ouest de l’ A6. Nez imposant, mais floral (inattendu à Pommard en 2009). En bouche, de la matière, du fruit. Belle acidité répond au nez. Bien qu’à l’aveugle je l’aurais mis plus à Beaune qu’à Pommard, à mon gout. 
Pommard Premier Cru Les Bertins 2008
Nez plus fût (grillé, amande). En bouche, plus d’acidité fait ressortir un fruit rouge assez frais. 
Domaine Daniel Rion
J’étais à la recherche du fils Patrice Rion. Mais absent du salon, je me retourne sur la maison mère.
Vosne-Romanée Premier Cru Les Beaux-Monts
Nez discret mais floral, presque élégant. 
Domaine des Perdrix
Toujours agréable de retrouver Robert Vernizeau qui vinifie les vins du domaine et sait bien en parler. Je sens à demi-mot que les 2009 ne l’enthousiasment pas plus que ça, entre le cornellien “à vaincre sans péril on triomphe sans gloire” et un désespoir d’avoir perdu le trésor du Pinot Noir “Que diable allait-il faire dans cette galère?”.
Bourgogne Pinot Noir 2010.
Nez fruit rouge frais, cerise. Evidemment simple en bouche. Après tous ces premiers crus dégustés.
Nuits Saint Georges village 2007
Assemblage des parcelles des Bannières et des Bas de Combe. Du bois (grillé) mais bien fondu avec la dominance des fruits plus noirs que rouges, plus bien mûrs que frais. Finale sur le grillé. Style moderne, typique du domaine.
Nuits Saint Georges Premier Cru Aux Perdrix 2007
Nez plus vanille que grillé. Bouche tendue, finalement assez caractéristique du millésime, sur l’équilibre. 
Nuits Saint Georges Premier Cru Aux Perdrix 2009
Nez sur une sensation de réduction (produit argenterie très léger). Mais vue la tête que fait Robert Vernizeau quand je le lui dit, je dois être bien à côté de la plaque. Gourmandise vient en bouche avec l’élevage. Finale soyeuse, presque la signature des Perdrix.
Echezaux Grand Cru 2008
Nez rafle (bois exotique ?). Bouche parait puissante et généreuse après discrétion du nez. De la rondeur. Finale glissante sans sècheresse. 
Domaine Philippe et Vincent Lécheneaut
Vincent me fait gouter les vins le matin et j’interromprais plus tard la pause casse-croute de Philippe pour acheter les vins. Cette année, j’aurais encore vu les deux frères qui se relaient derrière le stand. J’aime leurs vins, mais aussi les écouter parler. Parce-qu’au concours de quel vigneron de Nuits a l’accent le plus bourguignon, sûr que ces deux-là sont sur le podium.
Vosne-Romanée 2009
Nez sur le fût et une impression de verdeur (fraicheur ?). Joli parfum (à ce demandait si une demoiselle parfumée ne traine pas à proximité). La bouche est en retrait. Des tanins et de l’astringence en finale. Sans doute que le nez promet trop à ce stade.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Pruliers 2009
Nez fermé, un peu goudron. Sur le fût. Un peu de gourmandise. En bouche, l’équilibre est plus sur la verdeur sans l’acidité d’une sous-maturité ni l’astringence des tanins. 
Nuits Saint Georges Les Damodes 2008
Nez un peu fût (mais moins que les 2009). L’acidité plus marquée porte les fruits sur le devant. La finale est plus fluide, et les tanins accrochent moins. 
Domaine de l’Arlot
C’est sympa qu’AXA Millésimes délègue la présentation de ses vins à leur directeur technique. François Devaugues tout récemment arrivé doit quand même faire l’article des vins élaborés par son prédécesseur Olivier Leriche.
Cote de Nuits village Clos du Chapeau 2008
Nez typique ronce (presque animal). En bouche, légère impression de bouchon. Mais ça ne doit pas être ça parce-que je n’ai rien senti au nez. Un côté terrien qui tranche.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Petits Plets 2007
Les jeunes vignes de leur parcelle en monopole du Clos des Forêts-Saint-Georges. Je ne comprends pas bien comment la cuvée peut porter la mention d’un autre premier cru mais je n’ai pas penser à demander. Nez épicé. Joli et ouvert sur le fruit. En bouche, glisse bien, sur la gourmandise. Un peu de tanins en final. 
Nuits Saint Georges Premier Cru –monopole- Clos des Forêts-Saint-Georges 2007
Nez gibier (à l’agitation). Bouche raffinée, grande longueur, de la douceur, les tanins sont domptés. Bien. 
Domaine Faiveley
Beaucoup de monde de part et d’autre du stand Faiveley. Irinah me servira les vins et Anne-Cécile s’essaiera avec succès au maniement de la machine à CB.
Chablis Premier Cru Montmains 2009
C’est un peu décalé par rapport à mon objectif de la journée de gouter les Pinot Noir de Nuits Saint Georges, mais j’étais missionné pour gouter leur blancs. Nez sur le fruit. La minéralité du chablisien ressort fortement après tant de rouge de nuits passés en bouche. La bouche est sans amertume. Un peu de chaleur. La longueur est correcte mais le millésime semble manqué de tension, surtout en blanc.
Mercurey blanc –monopole- Clos Rochette 2006
Quitte à s’écarter de ma ligne de conduite, autant faire dans le hors du commun, comme un monopole blanc sur Mercurey. Nez sur le bois (pourtant plus vieux). Bouche assez simple. Finale bien, glisse bien et fait oublier le fût.
Bourgogne Pinot Noir 2010
Nez décevant de discrétion après tous ces 2009 goutés. Bouche trop sérieuse pour un simple bourgogne, ou alors je me fais piégé par le contraste entre 2009 et 2010. De la chaleur, un peu de tanins. Correct.
Nuits Saint Georges village Les Argillats 2008
Nez discret. Bouche sur une jolie framboise bien net. La douceur des tanins permet de profiter du fruité. Ce vin pourrait parfaitement illustrer la tendance Vosne des Nuits Saint Georges au nord du Meuzin.
Nuits Saint Georges Premier Cru les Porêts-Saint-Georges 2009
Nez sur le bois. La bouche est encore un peu massive. Dans un style moderne: alliance du grillé du fût et des fruits frais pour une gourmandise dans sa jeunesse. Pas de sècheresse en finale. Bien.
Domaine Thibault Liger-Belair
Il y a quatre ans, lors de mon premier passage aux Nuits aux Grand Jour, j’ai découvert le bonhomme et ses vins. Cette fameuse première fois que vous ne retrouvez jamais où vous pouvez déguster un vin dont l’étiquette ne vous dit rien et qui vous met en état de grâce. Je réinvente un peu l’histoire avec mes fantasmes mais aujourd’hui, avec un peu plus de gorgées de pinot noir derrière la cravate, je trouve vraiment que les vins de Thibault ont quelque chose de différent de ses voisins. Je me gausse souvent des vins décrits comme “raffinés” pour dire que si ils étaient moins chers, ils seraient plutôt qualifiés de maigres ou plats. Ici, le Thibault il nous fait dans la dentelle. Un coup d’œil sur l’étiquette, une gorgée en bouche et c’est parti pour 5 minutes de plaisir les yeux fermés. C’est sûr que dans la masse de subjectivité qui me fait tant apprécier ses vins il y a une part de la rareté: ne pouvoir acheter que deux bouteilles par an pendant les longues années de ma progression sur la liste d’attente des allocataires.
Nuits Saint Georges Villages Les Charmottes 2009
Premier nez animal puis floral à l’agitation. Bouche glissante, pas douce mais soyeuse si vous voyez la différence.
Vosne-Romanée Aux Réas 2009
Nez vineux, un peu de grillé du fût. A l’agitation, les arômes défilent. En bouche, de la puissance contrôlée (pour éviter de dire raffiné). Tendue par une minéralité. Finale sans sècheresse (mais c’est un pléonasme chez Liger Belair).
Clos Vougeot Grand Cru 2009
Nez plus discret. En bouche, c’est un long voyage. Aucune astringence des tanins. La finale est sur cette impression de minéralité sans celle d’acidité. Ce n’est même pas la peine d’en reprendre une gorgée: même recraché, il est encore là.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Saint-Georges 2007
Vin déjà présenté dans sa jeunesse sur ce salon en 2010. Maintenant le nez est sur la viande saignante. La bouche retrouve le fruit, toujours aussi raffiné. Superbe longueur.
Richebourg Grand Cru 2009
Quand Thibault voit les yeux de ses interlocuteurs pétiller au fil des gorgées de ses vins, il sort de sous le pupitre une bouteille de Richebourg à la dégustation. Je n’avais pas encore gouté de Romanée ou de Richebourg. Pour cette toute première fois, je suis déçu: les émotions en sont pas allées crescendo. Le nez est fermé (après les Saint Georges 2007) et de toute façon je n’ai pas encore vu le bois passer devant le raisin dans ses bouteilles. Par contre, je suis étonné de trouver un peu d’astringence en bouche. Trop calme, je n’arrive pas à saisir quelque chose qui dépasse. J’ai raté ma première rencontre avec Richebourg.
Domaine Philippe Gavignet
Je ne connaissais pas ce domaine et l’avait mis sur ma liste des visites à faire. Malheureusement, j’avais oublié d’y passer avant la dégustation des Liger-Belair. La comparaison est rude, retour à la réalité des Nuits Saint Georges.
Nuits Saint Georges villages Les Argillats 2010
Gourmand. Bien. Le premier Nuits Saint Georges 2010 gouté ce jour-là. C’est de bonne augure.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Pruliers 2008
Nez à cheval sur l’animal et le végétal (ronce). De l’acidité, normal pour un 2008. Un peu de sècheresse en finale.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Chabœufs 2009
Nez ouvert, fruits compotés. Gourmand, glissant, du plaisir tout de suite.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Bousselots 2007
Nez viandé typique d’un style. En bouche, plus sur le fruit. L’archétype d’une façon de faire des Nuits Saint Georges. Dans le moule, même pour un 2007.
Domaine Alain Michelot
J’ai fait mes petits tours avec le charriot pour charger les cartons dans la voiture, pris sur le pouce un flan au cassis (forcément pour ne pas dénoter avec le pinot) sur le stand appétissant de la boulangerie locale. Avant de repartir pour 3h de route et les remords de ne pas avoir pu gouté plus, je tombe dans le cliché d’un petit dernier “pour la route”. Il commence à y avoir foule, les coureurs du semi-marathon ayant achevé leur petit tour entre les premiers crus viennent profiter de leur entrée gratuite et déguster les produits des efforts des vignerons du village. Je vais au plus près du stand de la boulangerie et suis bien accueilli par la fille et le beau-fils d’Alain Michelot, très pédagogues pour m’expliquer leurs vins, en jonglant entre les millésimes.
Bourgogne Pinot Noir 2007
Juste une mise en bouche parce-que du pinot c’est dur après avoir engouffré un flan, même au cassis délicieusement acidulé.
Nuits Saint Georges Villages Vieilles Vignes 2009
Les vieilles vignes du domaine sur la parcelle des Charmottes. Nez sympa direct. Bouche sur la rafle. De l’astringence mais le fruit des 2009 est là.
Nuits Saint Georges Aux Champs Perdrix 2007
Nez ouvert, encore sur le fruit malgré l’âge.
Nuits Saint Georges Les Cailles 2008
Plus de matière. Tension typique. Un peu de verdeur. Pas la sècheresse du fût.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Vaucrains (? j’ai mal noté) 2001
Nez déjà évolué. A l’agitation sur les parfums (profil déjà gouté ce jour-là). Toujours les tanins présents, étonnant à cet âge.
Nuits Saint Georges Premier Cru Aux Chaignots 2009
Nez très pinot nord américain (grillé du fût et fruits compotés). Bouche toujours sur les tanins. Ce doit être le style de la maison ou la fatigue de mon palais. De la gourmandise. Finit bien.
Nuits Saint Georges Premier Cru Richemonde 2004
Nez terreux, végétal (ronce). Bouche légère mais sans astringence ni acidité marquée. Je ne connais les 2004 que par les Côtes Chalonnaises que j’ai encore en cave. Je reconnais le style du millésime.
Nuits Saint Georges Premier Cru Les Porêts-Saint-Georges 2004
Nez bien, pas si évolué: encore du fruit. Bouche un peu en retrait. De l’astringence, de la sècheresse. Mais intéressant parce-que l’acidité tient le fruit.
Vignerons et Signatures sont sur une péniche…
J’avais encore les dents toutes noires en venant de descerner quelques médailles “Vin Plaisir” à des rouges du Languedoc sous le haut-patronage de Thierry Desseauve que je filais tanguer sur une péniche pour agiter dans un verre les cuvées signées par des Grands Domaines.
J’avais la mission de ramener 3 cartons de 6 bouteilles pour un total de moins 300€. Un peu plus que la barre de 10€ des “Vin Plaisir” de B&D, mais pas de folie quand même.
J’étais parti sur les rouges, mais la curiosité restant un moteur principal de ma passion pour le vin, je n’allais pas empêcher ces vignerons de m’en faire voire de toutes les couleurs.
Les domaines, dans l’ordre de la dégustation.
Bourgogne, Domaine Antonin Guyon
Dominique Guyon me faisait déguster les vins du domaine quelque-uns des vins qu’ils avaient ramenés. Une large gamme où j’ai privilégié la diversité plutôt que l’exhaustivité.
Pernand-Vergelesses, Premier Cru Sous Frétille 2009
Nez sur le bois et la douceur de l’amande. Bouche ronde, un peu d’amertume mais plutôt sur une tension végétale que minérale. Un style.
Meursault-Charmes, Premier Cru Les Charmes Dessus 2009
Nez sur le grillé du bois. Plus de tension minérale (moins d’amertume). Sur la rondeur et le beurre de Meursault.
Puligny-Montrachet, Premier Cru Les Pucelles 2009
Nez plus noisette. Bouche sur l’amertume plus que sur le minéral. Glisse bien. Bel équilibre pour un 2009
Savigny-Lès-Beaune, Les goudelettes 2009
Nez fruité quoique retenu. Bouche un peu verte. Peu de gourmandise. Déconcertant pour un Savigny et pour un 2009
Chambolle-Musigny, Clos du Village, Monopole 2009
Nez discret. Bouche plus ample et gourmande. Bien tendue. Bien. Conforme à l’idée que je me fais d’un Chambolle.
Gevrey-Chambretin, La Justice 2009
Nez retenu mais intéressant. Bouche fermée, encore sur l’élevage. Belle rondeur quand même.
Corton Bressandes, Grand Cru 2009
Nez fermé. Bouche tannique mais pas sèche. Belle extraction malgré la puissance du fût. Sur la longueur. Domage que le nez discret plombe la gourmandise. A attendre évidemment.
Corton Clos du Roy, Grand Cru 2009
Nez ouvert, sur le fruit. Bouche plus ronde. Les tannins sont là mais plus discrets, quoique plus séchants. De la tension, du fruit. Plus intéressant aujourd’hui.
Provence, Saint André de Figuière
Catherine Doyet, responsable du magasin de La Londe les Maures, perchée sur son estrade versait et décrivait les vins dans nos verres.
Côtes de Provence blanc, Vieilles Vignes 2011
Rolle 85% et Sémillon 15%. Nez ouvert et déjà complexe (plusieurs agrumes) et de la douceur. Bouche un peu en retrait.
Côtes de Provence La Londe blanc, Confidentielle 2010
Rolle 100%. Nez en retrait. Bouche très bien. Jolies notes de fruits (pêche, poire). Un peu de bois en finale.
Côtes de Provence rosé, Vieillles Vignes 2011
Mourvèdre, Cinsault, Grenache. Nez flatteur. Bouche légérement perlante.
Côtes de Provence La Londe rosé, Confidentielle 2011
Cinsault, Grenache, Mourvèdre. Nez plus vineux. Bouche plus grasse, plus discrète. La même impression que la Confidentielle blanc: un fruit net en bouche.
Côtes de Provence, Vieilles Vignes 2009
Mourvèdre 60%, Syrah 40%. Nez discret, sur les épices. De la garrique à l’agitation (sur le mourvèdre). Bouche un peu tannique.
Côtes de Provence La Londe, Confidentielle 2009
Mourvèdre 50%, Syrah 50%. Nez sur le fût. Bouche marquée par les tannins du fût. De l’extaction démonstrative. A attendre.
Languedoc, Domaine de L’Hortus
François et Marie Orliac animaient en stéréo la dégustation.
Coteaux du Languedoc Pic Saint Loup, Bergerie de l’Hortus, rouge 2010
Syrah 60%, grenache 20%, mourvèdre 20%. Nez sur la Syrah. Un peu vert. Manque de fruit en bouche à ce stade.
Coteaux du Languedoc Pic Saint Loup, Domaine de l’Hortus, Grande Cuvée rouge 2010
Syrah 60%, Mourvèdre 35%, grenache 5%. Nez marqué par le fût. Plus de matière, plus équilibré.
Coteaux du Languedoc, Clos du Prieur 2009
Grenache 30%, Syrah 70%. Nez ouvert, flatteur de la Syrah. Bouche gourmande. Un peu de sucrosité du Grenache. Effet 2009 ?
Vin de Pays du Val de Montferrand, Bergerie de l’Hortus, Classique blanc 2010
Roussane 40%, viognier 20%, sauvignon blanc 20%, sauvignon gris 10%, chardonnay 10%. Vin sur l’équilibre amertume/fruit. Douceur du fruit en finale, plutôt exotique ! Frais et gourmand.
Vin de Pays du Val de Montferrand, Domaine de l’Hortus, Grande Cuvée blanc 2010
Chardonnay 50% vinifié/élevé en fût, viognier 50% en cuve. De la couleur. Des notes beurrées, douce. Sans la lourdeur du fruit du Viognier. Bois vanillé en bouche. Le fruit du Viognier prend le dessus en finale. A attendre pour que le vin se fonde.
Rhône Nord, Pierre Gaillard
Ici, c’est Jeanne Gaillard qui présente les vins du père, du nord du Rhône à la frontière espagnol pour leur première année au Club et sur la péniche.
Je connais ici les Côte-Rôtie grace à Cave Privée.
Collioure, Domaine Madeloc, Tremadoc 2010
Grenache gris 60%, Vermentino 25%, Roussane 15%. Sur l’amertume (surtout en finale). Mais du gras avant.
IGP des Collines Rhodaniennes, Jeanne Gaillard, Roussanne 2010
Roussanne plantées sur la plaine au-dessus de Crozes. Sur l’acidité. Pas la douceur miellée de la Roussanne.
Condrieu, Octroi 2010
Nez médicament (mais intéressant), un peu poire. De la douceur et de la tension. Intéressant en finale avec du fruit plus net et plus tendu. Bien.
Crozes-Hermitage 2010
Nez typé Syrah. Mais avec une pointe de fumée qui apporte complexité. Un peu sec. De fruit mais pas exubérant pour être gourmand.
Saint-Joseph, Clos de Cuminaille 2010
Nez plus complexe. Bouche un peu tannique. Pas de sécheresse. Moins de gourmandise, plus sérieux.
Côte-Rôtie 2010
10% Viognier ajouté. Nez tendu, floral. Douceur du viognier. Bouche tendue aussi, sans acidité agressive. Finale sur le fruit. Mais verre vide reste sur l’impression du bois.
Collioure, Domaine Madeloc, Serral 2008
Grenache 80%, Mourvèdre 15%, Syrah 5%. Nez viandé, garrigue. En bouche, plus de sucrosité du grenache. Un peu chocoalat en finale. Intéressant mais pas franchement à mon gout.
Faugères, Domaine Cottebrune, Transhumance 2009
Syrah 55%, Grenache 35%, Mourvèdre 10%. Nez réduit. Le fruit vient à l’agitation. Bouche acide et des tannins. Ne fait pas ressortir le fruit mais plutôt le côté réduit. Garrigue.
Rhône Sud, Alain Jaume
Le fils Christophe et sa soeur, nouvels arrivants aussi dans le club et sur le pont, assurent sur le table d’à côté des moussaillons du Gaillard.
Le seul domaine gouté aujourd’hui dont je ne connaissais pas les vins. Belle découverte avec des assemblages qui ne font pas la part trop belle au Grenache, cépage dont je me lasse vite.
Lirac, Domaine du Grand Veneur, Clos de Sixte 2009
Grenache 50%; Syrah 35%, Mourvèdre 15%. Nez discret, sur le fruit. Jolis tannins glissant. Réglisse et fruits noirs (mure). Bien.
Et c’est suffisament exceptionnel pour être relevé: j’ai trouvé les mêmes choses que la description faite par le vigneron et que j’ai pu lire sur le prospectus plus tard.
Vacqueyras, Alain Jaume, Grande Garrigue 2010
Grenache 65%, Syrah 20%, Cinsault et Mourvèdre 15%. Achat de raisin. Nez fermé, bouche peu expressive. Plutôt vineux, sans grosse extraction tannique.
Gigondas, Alain Jaume, Terrasses de Montmirail 2010
Grenache 80%, Syrah 10%, Mourvèdre et Cinsault 10%. Achat de raisin. Nez gibier, assez simple. Du fruit à l’agitation. En bouche, un epu de verdeur, mais les tannins glissent toujours bien. Un peu sec.
Un peu déçu par ces deux 2010 en achat de raisins. Effet millésime ou de qualité de la récolte ?
Châteauneuf du Pape, Domaine du Grand Veneur, Les Origines 2009
Sélection parcellaire, Grenache 50%, Syrah 20%, Mourvèdre 30%. Nez sur le profil fruité du Lirac. Bouche sur le fruit. Belle puissance. Un peu de sécheresse mais juste celle des tannins, pas de l’alcool. Belle finale. Je regrette d’avoir oublié d’en acheter une bouteille.
Châteauneuf du Pape, Domaine du Grand Veneur, 2009
Grenache 65%, Syrah 20%, Mourvèdre 10%, Vaccarèse, Cinsault, Counoise 5%. Nez court. Bouche un peu compotée. Du fruit mais moins frais. Toujours des tannins.
Châteauneuf du Pape, Domaine du Grand Veneur, Vieilles Vignes 2009
Grenache 50%, Syrah 10%, Mourvèdre 40%. Nez très ouvert. Bouche sérieuse. Bel équilibre pour une telle puissance. Des tannins mais sans agressivité. Là encore, acte manqué en oubliant d’en prendre une bouteille.
Châteauneuf du Pape, Domaine du Grand Veneur, La Fontaine blanc 2010
Roussanne 100%. Nez très fruit jaune (pêche). Fruité ample mais assez simple. Manque de complexité comparé aux CNP blanc que je connais.
Côte du Rhône, Domaine du Grand Veneur, Blanc de Viognier 2011
Viognier 100%. Un peu creu en milieu de bouche. fruité, poire williams. Mais léger, soufre de la comparaison avec le Condrieu de la table d’à côté.
Deuxième élection des Vins Plaisir selon Bettane et Desseauve
En acheteur consciencieux et annuel du Guide Bettane et Desseauve, je suis invité depuis l’année dernière à juger les vins en-dessous de 10€ proposés par les vignerons pour avoir droit à l’autocollant “Elu Prix Plaisir”
En tant que juré, j’aime bien ce genre de concours. Les règles sont claires et simples pour le dégustateur amateur. Est-ce que je prendrais du plaisir si j’achetais cette bouteille pour la boire avec des amis le jour même ? Un peu de connaissance de la typicité des vins des régions viticoles françaises aide si, au-delà de la couleur, le consommateur choisi sa bouteille d’abord d’après l’appellation avant le prix.
L’échantillon des vins est certainement biaisé: proposer à la dégustation d’amateurs des cuvées à moins de 4€, ou même moins de 8€ est une démarche commerciale pour que le prix de l’inscription au concours soit couvert par un gros volume à commercialiser dans un circuit GMS français. Donc beaucoup de vins de grosses structures. Mais proportionnellement aux volumes de vins vendus à ces tarifs, un sondagiste trouverait l’équilibre assuré par la méthode des quotas.
Aujourd’hui, j’étais à la table des vins rouges du Languedoc avec un vin à moins de 4€ et 10 vins à plus de 6€.
Les bouteilles sont d’origine (celles commercialisées) mais cachées par de l’emballage aluminium. La forme et le poids de la bouteille nous permet déjà de nous faire une idée du prix du verre et dans quelle catégorie le vignerons souhaitent ranger la cuvée. Pour ce que j’ai pu constater, l’anonymat de l’emballage est scrupuleusement respecté. Et nous n’avons pu découvrir nos bouteilles favorites qu’une fois que Thierry Desseauve ne soit passé à notre table déguster les deux bouteilles auxquelles nous proposions des médailles.
Car tel est le règlement. Un jury de quatre amateurs plus un président de table dégustent onze vins (dans notre cas) l’un après l’autre (un seul verre), en fait une brève description et le note (8/9ème pour le plaisir et 1/9ème pour la typicité). Puis une fois tous les vins dégustés, le président propose ceux que nous médaillerions à Bettane ou Desseauve qui passent à chaque table en fin de dégustation. Ils gardent ou pas ces vins et leur attribuent une couleur de médaille. Rien de très officiel: nous ne signons rien. Et pour la petite histoire, suite à nos propositions de l’année dernière, j’ai pu m’apercevoir que le tri était sévère par Bettane, Desseauve et al après le choix des amateurs qu’ils convoquent: en 2011, notre jury aurait médaillé trois vins, et je n’ai retrouvé d’une seule médaille d’argent à la publication des résultats.
Comme je le constate à chacune des séances des clubs amateurs de dégustation que j’anime, il y a rarement un vin qui fasse plaisir à tous les consommateurs. Chaque dégustateur retrouve finalement rarement son vin favori parmi les finalistes, mais ne sera pas déçu d’acheter le vin médaillé. Normalement, l’agrément des vins d’AOP devrait pourvoir à l’absence de défaut du vin acheté. Ici l’autocollant Vin Plaisir garanti un minimum de plaisir (voire beaucoup pour ceux qui sont influençables par les décorations). Et cela laisse les dégustateurs amateurs acharnés (dont bibi) à leur quête du Graal de la bouteille qui les laissera sans voix et sans pouce pour twitter leur pamoison.
Dégustation avec Camille dans une cave
Les dégustations chez CavePrivée ayant perdu beaucoup de leur intérêt (vins moins originaux, personnel plus motivé de changer d’employeur que de faire passer sa passion du vin aux clients), les déambulations sur FB me remettaient en contact avec Camille qui était venue épauler Benjamin chez CP, notamment avec le lancement de leurs dégustations du jeudi soir.
Ce soir-là, elle invitait ses amis intéressés par sa nouvelle activité de vente de vins aux particuliers à venir déguster la gamme de vins de sa prochaine campagne de vente. Nous étions dans les locaux de Wine Sitting, sous les voutes fraiches et mal éclairées de leur caveau de dégustation.
Pas assez de lumière pour voir ce que nous avions dans le verre, mais ce serait dommage de rester grincheux. Nous étions entre têtes connues. Si je n’ai jamais eu la curiosité de leur demander leur nom ou leur pseudo sur LPV, je reconnaissais beaucoup de ces jeunes (relativement à mon âge) amateurs de vins croisés aux dégustations de CP de la rue Pernety ou sur les salons de vins parisiens. Le décor sous-terrain s’y prêtait, il ne nous manquait qu’une grande cape pour se croire dans une réunion secrète d’une secte d’adorateurs réunis par Camile, leur ministre des cultes bachiques, avec Léa en enfant de chœur.
Beaucoup de vins connus pour les avoir déjà dégustés ou achetés chez CP dans les millésimes précédents.
Dans l’ordre de dégustation. J’ai ajouté quelques infos techniques trouvées sur internet (parce-qu’elles mettent souvent en lumière mes erreurs de perception)
Chablis, Domaine Billaud-Simon, Grand Cru Vaudésir 2009
Nez sur la vanille et la noisette. Que je prends pour du fût avant de découvrir que Billaud-Simon s’est fait connaitre pour son absence d’élevage sous bois ! Belle tension. Bouche sur l’amertume, poursuit l’impression de tension du nez. Et tient la finale. Un peu de chaleur toutefois, la marque des 2009 ?
Anjou, Vin de France blanc, Stéphane Bernaudeau, Les Nourrissons 2010
Au détour d’un chenin de Martigné-Briand ressurgit le souvenir de Claude et Nelly Pichard du Clau de Nell que j’étais allés voir à 10 minutes de là à Ambillou Château. Nez fermentaire, s’ouvre facilement. Mais pas exubérant de fruit. Bouche très tendue, mais avec du gras qui tapisse bien. Un peu de perlant à l’attaque. Plutôt pomme mais pas blette, plutôt Reine de Reinettes. Intéressant mais pas encore de gourmandise à cet âge.
Coteaux du Languedoc, Ermitage de Pic Saint-Loup, Saint Agnès, blanc 2010
30% Clairette, 50% Roussanne, 5% Marsanne, 15% Grenache Blanc. Vinification et élevage en fût de chêne et foudre. Premier nez sur le poivron ! Là encore à côté de la plaque: je crois reconnaitre la Marsanne et plus loin les fruits blancs charnus du Viognier. tout faux ! Bouche fermée comme le nez. Tendue. De l’ampleur alcolloqie en finale. Nez simple et bouche un peu molle. Pas à mon gout.
Vin de Pays de l’Hérault, Domaine de la Garance, Les Claviers Blancs 2010
Ugni blanc (46 ans, 60%), Grenache gris (70 ans, 10%), Chardonnay (10 ans, 5%), Clairette (80 ans, 5%). Vendanges manuelles en cagettes avec tri à la vigne. Pressurage direct. 9 mois d'élevage en barriques. Fermentation en barriques de 400 litres. Pas de collage, pas de filtration. Pas de sulfites ajoutés. Couleur cuivrée, trouble. Nez pomme, typique des vins sans souffre ajoutés. Repoussant à mon gout. En bouche, attaque pétillante plus que perlante. Mais pas sur les arômes de cidre que faisait craindre le nez. Du fruit, plutôt net (prune). Pas d’alcool perceptible (le bon côté des vins sans souffre).
Vin de Pays des Côtes Catalanes, Domaine Gauby, Vieilles Vignes, blanc 2006
Macabeu (40%, 50 ans à 100 ans),Grenache blanc (30%, 50 ans à 100 ans), Carignan blanc (5%,50 ans à 100 ans), Grenache gris (10%, 50 ans à 100 ans), Chardonnay (15%, 30 ans). Vendanges manuelles en caisses avec tri à la cave sur table. Vinification : Pressurage direct, débourbage à base température. Levures indigènes. Sans enzymage, sans chaptalisation, sans acidification. 7 à 8 mois sur lies fines, barriques 65%, en cuve 35%. Nez métallique ! Fruit difficile à trouver. Une pointe d’oxydation, suffisamment discrète pour apporter un brin de complexité à ce nez. En bouche, un peu de fruits secs. Intéressant. Boisé intégré mais donne une impression de sècheresse.
Beaujolais, Marcel Lapierre, Morgon 2011
Je goute et apprécie les vins du défunt Marcel depuis que je fréquente le marché des vins bio de Montreuil. Au nez, peu de gourmandise. Bouche sur le pâté, typiquement le registre que je n’aime pas dans les sans souffre. Finale maigre. Grosse déception alors que le 2009 fait encore parti des vins mémorables que j’ai pu goutés. Heureusement, j’en ai encore dans ma cave bien fraiche.
Côtes du Roussillon Villages, Domaine Gauby, Vieilles Vignes, rouge 2006
Grenache noir (25%, 55 ans), Carignan (35%, 125 ans), Mourvèdre (10%, 25 ans), Syrah (30%, 20 ans). Vendanges manuelles en caisses avec tri à la cave sur table. Vinification : Traditionnelle. Eraflage à 100%, macération 2 à 4 semaines. Levures indigènes. Sans enzymage, sans chaptalisation, sans acidification.24 mois d’élevage, barriques 100 %. Nez cuir, venaison, mais pas écurie. Fruit très fugace à l’agitation. Bouche asséchée par alcool. L’acidité n’amène pas de fraicheur. Court.
Vin de Pays du Gard, Roc d’Anglade 2007
40% Carignan, 20% Mourvèdre, 20% Syrah, 20% Grenache. élevage sur lies, 70 % en demi-muids et foudres neufs de 13hl, 30% en cuve. Nez réduit (typé produit d’argenterie dans ma palette personnelle). Bouche soyeuse, du fruit, du croquant. Plus séduisant qu’au nez. Ne pas hésiter l’aérer.
Coteaux du Languedoc Pic Saint Loup, Ermitage de Pic Saint-Loup, Saint Agnès, rouge 2010
Syrah (50%), Grenache (40%), Mourvèdre (10%). Vinification traditionnelle avec égrappage. Elevage du vin en foudre et barrique d'environ une année. Nez fermé. Pointe métallique. Bouche verte, astringente. Des tanins un peu partout. Pas de gourmandise.
Vin de Pays de l’Hérault, Domaine de la Garance, Les Armières 2009
90% Carignan, 10% Syrah. Vendanges manuelles en cagettes avec tri à la vigne, vinification traditionnelle, non égrappée avec des macérations longues (trois mois de cuvaison). Elevage en barriques de 400 litres (27 mois). Nez plombé du vin nature pas à mon gout. Bouche asséchante, sur l’alcool. Trop agressif pour faire ressortir le fruit.
Cornas, Robert Michel, Les Coteaux 20
Nez discret. Bouche sur acidité. Tanins fondus. Du fruit en finale. Un peu trop discret pour un Cornas à mon gout
Cornas, Robert Michel, La Geynale 2006
Nez boisé. Fruit plus lourd. Jolies pointes fumées (salaison). En bouche, presque rafle, boisé contenu. Grosse matière. Grillé du fût. Profil typique du Cornas. Pas la première fois que j’aime un 2006 dans cette région.
Cornas, Robert Michel, La Geynale 2003
Nez champignon de Paris. Pruneau cuit à l’agitation. Puissant en bouche. Un peu sec et court.
Cornas, Robert Michel, La Geynale 1996
Nez viandé (typique ?). Des traces d’oxydation. Le fruit est passé. Un peu sec. Jolis arômes d’évolution en bouche (réglisse, tabac). Me ferait presque aimé les vieux vins qui ont perdu leur arômes primaires.
Concours Général Agricole des Vins 2012
Après mon bizutage de l’année dernière, je renouvelais ma participation en tant que juré au Concours Général Agricole (CGA pour les initiés) des vins.
Cette année, ayant organisée récemment une dégustation intéressante des vins de cépages autochtones du Sud-Ouest, je m’étais porté volontaire pour la catégorie “vin du sud-ouest” du samedi matin.
Et, pour la seconde cession du dimanche matin, je tentais à nouveau la catégorie “vin de savoie” dans l’espoir de me retrouver à la table des Arbins pour voir si je pouvais reconnaitre à l’aveugle les Mondeuses des frères Trosset.
Pas de changement par rapport à l’année dernière. Toujours la même médaille pour nous récompenser, que nous pourrions afficher dans notre salon comme les éleveurs de charolais pourraient afficher dans leur étables les médailles remportées par leurs plus beaux taureaux dans le même concours à quelques centaines de mètres d’ici. Plus une babiole: un bouchon pour effervescent, comme si nous avions une tête à ne pas finir les bouteilles que nous ouvrons chez nous. C’est l’intention qui compte. Je me passerais bien de ces objets pour les remplacer par une indemnité de mes frais de déplacement: mon billet de RER coutant certainement plus cher que ces breloques. Ces quelques mots juste pour ne pas oublier de mettre une couche de couleur chafouine que certains trouvent à mes billets.
Annonce des consignes. Je ne me rappelais plus que nous pouvions médailler la moitié des vins dégustés. En fait, l’équilibre des récompenses commun à beaucoup de concours tourne autour du tiers des bouteilles présentées. Il s’agit bien d’un concours et non pas d’un examen. Il doit être sous-entendu aux producteurs qu’ils ont une chance sur trois d’être médaillés en payant les droit d’inscription au concours. Dans la cas du CGA, il y a une pré-sélection des vins en comité local (à vérifier si uniquement par les professionnels indigénes). Le sous-commissaire responsable de notre table nous annonce en fonction du nombre initial de vins présentés et pour chaque catégorie combien nous pouvons médailler de vins, pour retomber d’après ses calculs sur cette proportion d’un tiers. Ensuite, je me rends compte qu’il y a toujours au moins un professionnel de la région parmi les jurés autour de la table qui aura des comptes à rendre auprès de ces collègues de retour chez lui. Toujours ce système des retours d’ascenseurs qui nuisent à l’indépendance des jurés, ou des experts.
Samedi matin, mise en bouche dans le Sud-Ouest avec quatre blanc et six rouge de l’IGT Côtes du Tarn, puis les quatre rouge de l’AOP Marcillac. Je rejoins mes quatre collègues du jury. Un vigneron et une responsable professionnelle du coin, et je viens compléter le trio d’amateurs. Il y a même un ancien acheteur “vin” d’un grand groupe de GSM. Je pense que c’est un atout dans ce type du jury pour des vins d’IGP dont c’est le principal débouché.
Sur les trois catégories soumises à notre jugement, les vins à médailler sont sortis quasiment à l’unanimité. C’est gratifiant de constater que j’ai les même critères que les professionnels.
Pour les blancs, nous décernons royalement deux médailles d’or. Nous mettons de côté un vin boisé, trop marqué pour rester dans la simplicité fruité de cette IGT. De toute façon, sa douceur vanillée est suffisamment séductrice pour qu’il se passe d’une médaille.
Pour les rouges, pas beaucoup de souvenirs. Si ce n’est un échantillon mis de côté même sur la seconde bouteille en réserve: un vigneron qui a dû s’amuser à mettre moins de soufre que les autres et dont le vin est reparti en fermentation dans la bouteille (après la pré-sélection ?!). Et ce n’était pas une méthode gaillacoise !
Pour les Marcillac, je retrouvais avec un plaisir tout personnel le fer servadou. Deux cuvées sortaient du lot.
Dimanche matin, je remettais le couvert, comme on va au bureau. Pour ma part, même si je n’y déguste pas des vins de Savoie, je vais au bureau avec plaisir, même un lundi au retour d’un WE dans les Alpes.
[attention, zone de Name Droping] Dans le grand hall où sont parqués le millier de dégustateurs, en chemin pour la table marquée sur mon badge, je reconnais un visage sans pouvoir mettre un nom dessus. Une fois assis, le nom d’Hubert Chauvenet me revient, du domaine Chauvenet-Chopin, cette fois sans sa béquille comme lors de mon passage au domaine en octobre dernier. Il semble s’être bien remis de son accident en cuverie lors des dernières vendanges. Comme au bureau, je vous dit: notre table sera présidée par Julien Barlet de la Cave du Prieuré où je suis déjà allée à Jongieux un mois d’août 2003 brulant et ce même Julien qui m’a servi plusieurs fois les vins du domaine lors des salons des Vignerons Indépendants. Et à la table d’à côté Guillaume Guénard, que j’avais rencontré pour la première fois en octobre dernier au domaine familial à Torméry. Et à mes côtés, Jean-François Quénard, un nouveau Quénard de la Tour de Chignin, que je ne connaissais pas encore, voisin de vignerons du Villard que j’avais déjà rencontrés, entre Pascal et Annick Quénard, et le père Raymond Quénard que j’avais pu voir avant qu’il transmette le flambeau à Pascal. [fin du Name Droping]
Au total, ce sera 22 vins à déguster ce matin. Que des blancs sur la table. Mince, les mondeuses d’Arbin ne passeront pas encore cette année sous mes fourches caudines. Avec des effervescents au menu (alors qu’à l’inscription j’avais demandé à ne pas gouter de vins à bulles !). A nouveau le jury est équilibré par deux professionnels mentionnés au-dessus, vraiment de la profession puisqu’ils font du vin.
On ouvre le bal avec des Crus de Savoie sans mention de village. De la Jacquère donc. Pas transcendant mais nous sortons trois médailles, sans trop de discussions. Puis encore des Crus mais d’Abyme cette fois. La différence de qualité ou de terroir est nette. Nous mettons consciencieusement nos cinq médailles en favorisant ce que nous définissons comme la typicité plus minérale des Abymes, la différence étant flagrante par rapport aux vins précédents.
Nous finissons avec plusieurs catégories de vins effervescents, hétéroclites et avec peu d’échantillons. Pas facile. Ce n’est pas tout à fait de la pioche parce-que nous arrivons là encore à nous mettre d’accord sur le style de vin qui mérite une médaille dans ces appellations. Heureusement ma fréquentation des savoyards me permet d’avoir pu déguster en apéritif un certain nombre de leurs mousseux et de comprendre ce dont ils étaient fiers en me les servant.
Par contre, petite déconvenue. En trainant entre les tables après la fin du concours pour essayer sans succès de retrouver des mondeuses d’Arbin à déguster sur les tables voisines, je tombe sur notre président de jury et le commissaire des vins de Savoie en flagrant délit de falsification du “procès verbal” d’attribution des médailles de notre jury que nous avions signé: le commissaire a monté d’un cran la couleur des deux médailles d’une des catégories d’effervescents, estimant que nous n’avions pas été assez gentils en ne décernant pas d’or dans cette catégorie. Ce n’est pas grand chose, mais modifier la décision du jury sans le prévenir c’est ouvrir la porte à d’autres soupçons de falsification dans ce concours.
Autant annoncer clairement, comme au concours des vins de Macon que c’est un autre jury plus pointu qui attribue la place sur le podium aux vins médaillés.




















